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Le caribou n’est pas seulement l’emblème du Canada. Il est considéré tout à la fois comme une espèce « parapluie » et un indicateur clé de l’état de santé de la forêt boréale. Il possède aussi une valeur culturelle et une valeur socioéconomique en constante redéfinition puisqu’en lien avec l’état de connaissance et la sensibilité des humains à leur propre habitat.


Une espèce « parapluie »

Les besoins du caribou englobent aussi ceux de plusieurs autres espèces qui cohabitent avec lui. En protégeant de vastes étendues non perturbées pour le caribou, nous nous assurons également de conserver d’autres espèces fauniques sensibles.

Un indicateur clé

Le déclin de la population de caribou forestier est un signe que l’habitat n’est plus apte à assurer certaines de ses fonctions écologiques. À l’inverse, une augmentation des populations de caribou forestier signifierait une amélioration des fonctions écologiques de l’habitat. Les espèces vulnérables, menacées ou en péril en bénéficieraient vraisemblablement.

Une valeur culturelle

Le caribou forestier a été utilisé par de nombreuses communautés. Traditionnellement, les Premières Nations y voyaient une ressource importante pour répondre à leurs besoins en nourriture, ou encore pour la confection de vêtements et de literie. [1] Le caribou a ainsi joué un rôle essentiel dans la survie des Premières Nations.

Le caribou possède toujours une valeur culturelle importante pour les Premières Nations. Ainsi, de nos jours, certaines communautés autochtones ont mis en place des mesures afin de limiter ou de suspendre leurs activités de chasse, et ce, en raison du statut précaire du caribou forestier. [1]

Une valeur écologique

La forêt boréale représente l’habitat préférentiel du caribou fourestier. Protéger la forêt boréale, notamment grâce aux aires protégées, c’est donc contribuer au rétablissement de l’espèce et au maintien d’un certain nombre de services écosystémiques. Or, les services rendus par les écosystèmes forestiers boréaux seraient évalués à environ quatorze fois la valeur des ressources naturelles extraites chaque année. [2]

La forêt boréale et la séquestration du carbone [2]

La forêt boréale constitue le plus grand entrepôt terrestre de carbone de la planète. Elle occupe plus de 10 % de la superficie terrestre.

Sur la planète, la forêt boréale stocke environ 703 milliards de tonnes de carbone, soit près de :

  • Deux fois plus de carbone que la forêt tropicale.
  • Six fois plus de carbone que la forêt tempérée.

Au Canada, sont emmagasinés en forêt boréale environ :

  • 71,4 milliards de tonnes de carbone dans les écosystèmes forestiers.
  • 136,7 milliards de tonnes de carbone dans les écosystèmes tourbeux (tourbières).

La démonstration d’un aménagement durable

L’adoption de mesures volontaires internationalement reconnues et visant la protection du caribou forestier pourrait contribuer à la bonne réputation de l’industrie forestière en lui donnant accès à certains marchés économiques, particulièrement dans un contexte de certification forestière. [1] Le Forest Stewardship Council (FSC) a d’ailleurs récemment proposé une révision des normes menant à l’élaboration d’indicateurs liés à l’aménagement forestier et aux écosystèmes ayant des répercussions sur le caribou et les autres espèces en péril. [6]

En aménagement forestier, l’atteinte d’un objectif de maintien des populations de caribou permettrait de confirmer le potentiel bénéfique des pratiques adoptées pour la protection de la biodiversité de la forêt boréale. Faire cesser le recul de l’aire de répartition du caribou forestier et maintenir cette espèce en forêt aménagée reviendrait à démontrer que nos activités d’exploitation forestières peuvent être durables et respectueu

Une demande pour des produits issus d’un aménagement durable

Dans le cadre du Rendez-vous national de la forêt québécoise tenu en 2013, la mise en place du Chantier de production de bois a été annoncé. Ce dernier visait à proposer le volet économique de la Stratégie d’aménagement durable des forêts pour la forêt publique et privée, notamment afin de créer et de redonner de la valeur aux forêts du Québec. Rendu public en février 2015, le rapport de Beauregard fait état de « la tendance qu’ont les marchés à exiger des produits forestiers certifiés issus de forêts aménagées de façon durable, même si cela ne se traduit pas nécessairement par des gains financiers. »

  1. Beauregard, R., 2015 (février). Chantier sur la production de bois. Le volet économique de la Stratégie d’aménagement durable des forêts. Rapport final, 65 p.
  2. Carlson, M., J. Wells et D. Roberts, 2009. Conserver les capacités de la forêt boréale canadienne d’atténuer les impacts et de s’adapter aux changements climatiques. Seattle (Washington, États-Unis) et Ottawa (Ontario, Canada), Boreal Songbird Initiative et Initiative boréale canadienne, 33 p.
  3. Dumont, A., 1993. Impact des randonneurs sur les caribous (Rangifer tarandus caribou) du parc de conservation de la Gaspésie. Mémoire de maîtrise. Université Laval, Québec (Québec, Canada), 80 p.
  1. Équipe de rétablissement du caribou forestier au Québec, 2013 (mai). Plan de rétablissement du caribou forestier (Rangifer tarandus) au Québec 2013-2023. Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec, Faune Québec, 110 p.
  2. Fonds mondial pour la nature (WWF), [non daté]. Le caribou et le renne. [En ligne]. http://www.wwf.ca
  3. Wedeles, C., J. Ray, E. Dzus, C. Korol et S. Morel, 2014. Norme canadienne d’aménagement forestier. Proposition d’indicateurs pour la gestion des espèces en péril incluant le caribou forestier. Révision des normes d’aménagement forestier. Préparé au nom de FSC

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