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Une aire de répartition de plus en plus petite

Au début du 17e siècle, soit avant l’arrivée des colons, l’aire de répartition du caribou forestier s’étendait sur les deux rives du Saint-Laurent, de Québec à Gaspé, et sur tout le plateau laurentien. Toutefois, au 19e siècle, l’aire de répartition du caribou forestier s’est réduite en raison de l’accroissement rapide de la population québécoise qui, après s’être concentrée sur les rives du fleuve, colonisa l’arrière-pays. Le défrichement des forêts pour l’agriculture et l’exploitation du bois empiétèrent progressivement sur l’habitat du caribou, décalant ainsi son aire de répartition vers le nord.

Ainsi, le caribou a disparu de la vallée du Saint-Laurent vers 1850, et se serait maintenu dans les autres régions du sud du Québec (Outaouais, Mauricie, Laurentides et région de Québec) jusqu’à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Aujourd’hui, l’espèce est absente de l’ensemble du sud du Québec. La limite sud de l’aire de répartition continue du caribou forestier est ainsi remontée au 49e parallèle. Au sud de cette limite, seules 2 populations isolées survivent. La harde de Val-d’Or constitue la seule population qui s’est maintenue en Abitibi-Témiscamingue. Quant à la harde de Charlevoix, il s’agit d’une population réintroduite, le caribou étant disparu de cette région vers 1920. Au sud du fleuve Saint-Laurent, il ne reste que la population de caribou montagnard, ou caribou de la Gaspésie, qui fréquente les hauts plateaux des Chics-Chocs et des McGerrigle.

Des populations en baisse…

Selon les relevés historiques et les inventaires réalisés au cours des dernières décennies, le caribou forestier serait beaucoup moins abondant aujourd’hui qu’il ne l’était autrefois.

Les premiers inventaires aériens des populations de caribous ont été réalisés entre 1963 et 1968. Ces inventaires ne faisaient pas la distinction entre les différents écotypes et ils ont permis d’estimer que la population de caribous, pour l’ensemble du Québec, se situait entre 68 000 et 90 000 individus, dont environ 60 000 pour le centre et l’est du Québec. En 1973, de nouveaux inventaires, plus exhaustifs, ont situé la population de caribous à 120 000 individus au nord du 52e parallèle et à 12 000 au sud de cette limite. À cette latitude, les aires de répartition du caribou forestier et du caribou migrateur se chevauchent.

Des inventaires plus récents ont montré que les hardes de caribous diminuaient dans plusieurs secteurs. Ainsi, sur la Côte-Nord, dans le secteur de la rivière Magpie, la population de caribous s’est maintenue autour de 4 200 caribous entre 1965 et 1974. Au cours de la décennie suivante, la population a diminué à environ 1 650 individus, puis à seulement 240 caribous entre 1985 et 1994. Près du Lac Caniapiscau, la population est passée d’environ 1 560 caribous (en 1972) à environ 600 individus (en 1977).

Aujourd’hui, les différents inventaires évaluent que la densité des caribous est de 1 à 3 individus par 100 km2. En reportant cette densité sur la superficie occupée par l’aire de répartition, on estime que le nombre de caribous forestiers présents au Québec varie de 6 000 à 12 000 individus.

Une situation préoccupante

Le déclin des populations et la régression de l’aire de distribution ont amené les gouvernements à se préoccuper du sort du caribou forestier. Au début des années 2000, les gouvernements fédéral et provincial ont dressé un portrait de la situation de l’espèce. Ces évaluations ont mené à la désignation du caribou forestier comme:

- espèce menacée en 2002 au Canada, en vertu de la Loi sur les espèces en péril;

- espèce vulnérable en 2005 au Québec, en vertu de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec.

Cette désignation a enclenché la rédaction de programmes de rétablissement. Au Québec, un « plan de rétablissement » a été publié en 2009 et est actuellement en application. Le programme de rétablissement canadien a été soumis à une consultation publique au cours de l’été 2010.

Les causes du déclin

Plusieurs facteurs ont contribué au déclin des populations de caribous. Certains facteurs, tels les prélèvements humains, la prédation et les maladies, ont un impact direct sur les populations puisqu’ils constituent une source de mortalité. D’autres facteurs entraînent des pertes ou des modifications à l’habitat. Ce faisant, ils peuvent générer des conditions qui ne sont plus adéquates pour le caribou forestier : perte de nourriture ou de couvert forestier, barrière pour les déplacements, augmentation de la prédation, dérangement, etc.

Le développement du territoire par l’homme, particulièrement dans le sud du Québec, et la chasse au caribou constituent les facteurs ayant le plus contribué au déclin des populations au cours du 19e siècle. L’utilisation du territoire pour l’agriculture, la foresterie et le développement des villes a fortement transformé le paysage et détruit l’habitat du caribou sur de grandes superficies. La chasse, quant à elle, a été une cause de mortalité importante pour les caribous, surtout au 19e siècle et au début du 20e siècle, alors que l’activité était peu réglementée.

Plusieurs de ces facteurs affectent toujours l’habitat du caribou et la taille des populations. En dépit de l’introduction d’une réglementation sur la chasse du caribou au début du 20e siècle, le prélèvement de cette espèce est demeuré important. Le développement humain n’a cessé de croître : les coupes forestières s’étendent maintenant loin en forêt boréale, des barrages ont été construits et les lignes de transport d’électricité traversent et fragmentent le paysage. Les routes forestières couvrent presque la totalité de l’aire de répartition du caribou forestier.

Les activités humaines ont fortement perturbé l’habitat du caribou et ont influencé la dynamique des populations animales. L’un des plus grands impacts de l’industrie forestière est d’avoir favorisé l’enfeuillement des sites coupés et le rajeunissement du paysage, ce qui a été favorable à l’augmentation du nombre de prédateurs dans l’aire de répartition du caribou forestier. Actuellement, la prédation exercée par le loup et l’ours noir représente la principale cause de mortalité des populations de caribous. Cette augmentation de prédation, liée aux activités humaines, peut nuire au rétablissement de l’espèce.

Le développement du réseau routier favorise également l’accès et l’occupation du territoire public, ce qui a pour effet d’accroître le dérangement du caribou et de repousser le caribou vers des territoires moins perturbés, et parfois de moindre qualité. Le dérangement causé par la présence humaine peut faire en sorte que les caribous augmentent le temps passé en vigilance au détriment du temps passé à s’alimenter, ce qui éventuellement peut avoir des impacts significatifs sur leur état de santé.

Aire de répartition du caribou forestier au Québec

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Questions et commentaires
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